Plan de Vie pour ralentir l’escalade des pandemies qui dirigent l’Amazonie et le monde vers l’effondrement

Lançons un plan de vie pour ralentir l’escalade des pandemies qui dirigent l’Amazonie et le monde vers l’effondrement

L’Amazonie, source de vie, est aujourd’hui menacée de mort. L’Amazonie avec ses 8 millions de km2 est le cœur de la planète, nous y vivons plus de 400 peuples autochtones et 3 millions d’Amazoniens, au milieu de la jungle et de la plus grande diversité biologique de la Terre, entourés d’impressionnants réservoirs d’eau douce qui produisent des «rivières volantes», qui apportent de la pluie à différents coins du globe. Cette Amazonie, vitale pour stabiliser le climat de la planète et pour l’avenir de l’humanité, connaît aujourd’hui une escalade des pandémies:

  • La sanitaire qui est renforcé avec la deuxième vague de COVID 19, qui a donné lieu à une autre variante dans la ville de Manaus, au Brésil, et a déjà causé plus de 50.000 morts dans tout le Pan Amazonie.
  • Celle de l’extractivisme dans les secteurs des mines, de l’agroalimentaire, de l’énergie et des méga infrastructures.
  • Celle de la crise climatique qui aggrave les inondations, les sécheresses, les incendies et les maladies sur nos territoires.
  • Celle du racisme, de la discrimination et de la colonisation moderne à l’encontre des peuples autochtones, des afro-descendants, des peuples humbles et de la nature elle-même.
  • Celle de l’autoritarisme, qui amplifie la criminalisation et le meurtre des leaders qui défendent leurs territoires.
  • Celle du patriarcat qui, avec le capitalisme, le racisme et la lesbophobie structurent les inégalités dans notre société qui se sont aggravées pendant la pandémie, avec un plus grand nombre de femmes disparues et des taux élevés de fémicides, de négligence des services de santé qui restent dans l’impunité face à l’intolérance et l’indolence des organismes d’État.
  • Celle de la crise des systèmes politiques qui contribue à la prolifération de gouvernements corrompus, accrochés au pouvoir, qui sapent la démocratie et sont incompétents pour répondre aux crises multiples.

Cette escalade des pandémies est le symptôme d’une planète qui a besoin de guérir, dans laquelle il est urgent de rétablir l’harmonie entre les êtres humains et la nature, entre les individus et leurs familles, entre la société et l’État, entre les nations et la planète.

Les peuples amazoniens, les organisations sociales, de femmes, environnementales, culturelles, religieuses et de défense des droits de l’homme et des droits de la nature, se sont auto-convoqués dans l’événement virtuel: “Le cri de la jungle / Voix de l’Amazonie”, tenu le 26 et le 27 février 2021, dans le cadre de l’Assemblée mondiale pour l’Amazonie, et nous vous invitons à partager, rejoindre et renforcer le Plan de Vie suivant pour sauver l’Amazonie.

1. Solidarité et action urgente pour faire face à l’Urgence Sanitaire en Amazonie.

  • Garantir l’accès universel à des vaccins fiables pour la population amazonienne, et procéder selon les décisions et consentements, exprimés en consultation préalable par les peuples autochtones. Promouvoir une information transparente sur les vaccins, en mettant fin aux campagnes de peur autour des vaccins, qui, avec des mensonges, propagent le fanatisme politique et religieux. Promouvoir les processus de vaccination sans discrimination ni corruption et dans des conditions optimales en maintenant la chaîne du froid, dans les postes communautaires équipés.
  • Libéralisation de la propriété intellectuelle et instaurer un moratoire sur l’application de l’Accord sur les aspects des droits de Propriété Intellectuelle qui touchent au Commerce (ADPIC, en anglais TRIPS) de l’Organisation Mondiale du Commerce pour améliorer, massifier et réduire le coût d’accès aux traitements, aux vaccins basés sur des génériques et à d’autres technologies efficaces façe à la crise sanitaire du COVID-19.
  • Exiger que l’OMS et l’OPS ouvrent les avancées scientifiques sur Covid19 au public, et établissent que les vaccins sont un bien public gratuit et accessible par COVAX et d’autres mécanismes.
  • Soins médicaux immédiats pour les peuples autochtones qui ont été relégués des soins et de l’accès aux médicaments. Renforcer les sociétés de soins et la santé publique universelle avec des systèmes communautaires, des actions de surveillance autochtones, des soins de santé autonomes et l’autonomie collective. Soins immédiats dans les services de santé sexuelle et de violence sexuelle chez les femmes autochtones
  • Établir un revenu de base pour les familles qui ont souffert de pertes familiales et/ou qui sont infectées jusqu’à ce que les vaccins soient effectivement mis en œuvre
  • Des couloirs de vie garantis sans activités extractives auprès des 200 peuples isolées dans tout le bassin pour empêcher leur extinction en raison d’une contagion potentielle
  • Lever des ressources pour alimenter le fonds d’urgence sanitaire de la COICA pour permettre des mécanismes de réponse rapide aux besoins de la population autochtone immédiatement
  • Annuler la dette extérieure des pays amazoniens pour éviter l’effondrement de leurs économies au milieu de la pandémie

2. Ralentir l’avancée vers le point de non-retour de l’Amazonie

  • Défendre et garantir les plans de vie et les cultures des peuples autochtones et des autres populations qui y habitent pour sauver l’Amazonie, la biodiversité et éviter l’effondrement climatique de la planète.
  • Favoriser les économies locales, à petite échelle et les cycles de production et d’échanges qui respectent nos rythmes, nos connaissances traditionnelles, nos relations et la nature.
  • Arrêter MAINTENANT la déforestation et la dégradation de l’Amazonie -qui représente déjà 20% de la plus grande forêt du monde- passant par:
  • Suspendre et interdire les activités extractives, les investissements et les projets aux niveaux minier, pétrolier, mégahydroélectrique, agricole, forestier, des infrastructures et à d’autres niveaux en Amazonie
  • Adopter des sanctions dans leurs pays d’origine et à un niveau international contre les multinoationales qui encouragent la destruction de l’Amazonie
  • Cartographier les chaînes de valeur de la viande, du soja, des mines, du pétrole et d’autres produits pour empêcher et pénaliser la vente de produits issus de l’extractivisme qui détruisent l’Amazonie. Il est impératif de légiférer sur le respect des droits de l’homme et la nature de chaque chaîne de valeur.
  • Faites pression sur les gouvernements et sensibilisez les consommateurs afin que leur consommation n’alimente plus les processus de destruction de l’Amazonie.
  • Interdire l’utilisation et l’expansion des semences OGM et agro-toxiques qui encouragent l’expansion de la frontière agricole au détriment de la jungle.
  • Rejeter la ratification et l’entrée en vigueur de l’Accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur en raison de ses graves impacts sur l’Amazonie. Dénoncer les accords de libre-échange qui menacent nos économies locales et alimentent les grands circuits au profit du capital. Interdire et limiter au sein des accords commerciaux l’exportation et l’importation de produits qui ont de graves répercussions sur l’environnement. Tous les accords commerciaux doivent être réformés afin qu’ils respectent des normes et de licences sociales et environnementales pour chaque produit et/ou service.
  • Reconnaître et renforcer la contribution des femmes à la défense de leur identité et de leur culture dans le cadre de la lutte des peuples panamazoniens, en garantissant l’égalité des sexes dans la participation politique dans tous les espaces de prise de décision.
  • Exiger que les banques et les fonds d’investissement des pays développés et émergents suspendent le financement des activités extractives, productives et commerciales telles que l’élevage intensif, les plantations en monoculture et autres qui nous rapprochent du point de non-retour pour les écosystèmes de la planète.
  • Demander la création d’un fonds pour la restauration de l’Amazonie par les pays développés et émergents qui soit géré de manière transparente avec la participation, le leadership et les propositions des peuples amazoniens pour la définition des processus de protection de leurs territoires et de l’ensemble du biome.

3. Faisons justice climatique et environnementale

  • Transformer les économies, les formes de production, consommation et gestion des dêchets des pays développés et des élites des pays en développement pour arrêter la destruction de l’Amazonie. Les solutions au changement climatique doivent être integrales et ne pas se limiter à la substitution des énergies fossiles par les énergies alternatives sans tenir compte de la forte demande de ressources naturelles qui serait nécessaire pour passer d’un milliard de voitures à essence à un milliard de voitures électriques, par exemple.
  • Changer notre relation avec la nature en reconnaissant les droits de la nature et en établissant des lois et des mécanismes dans nos pays pour empêcher l’apparition de nouveaux écocides, comme celui de l’Amazonie aujourd’hui.
  • Doubler au moins dans la présente décennie les contributions à la réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays développés et émergents pour commencer à se rapprocher d’une trajectoire plus proche de l’objectif de limiter l’augmentation de température et de préserver la vie telle que nous la connaissons.
  • Renforcer les capacités des peuples autochtones et de la société civile pour surveiller et auditer les contributions à la réduction des émissions liées à l’Amazonie.
  • Rejeter les fausses solutions des mécanismes du marché du carbone et des technologies de séquestration du carbone qui ne font qu’aggraver les causes profondes qui nous ont conduits à cette grave crise climatique. Rejetez les solutions de géo-ingénierie qui sont promues illégalement et qui peuvent causer des dommages irréparables à la planète Terre.
  • Mettre en place des taxes progressives sur l’utilisation des énergies fossiles pour décourager leur utilisation et les remplacer par des énergies alternatives.
  • Exiger le paiement de la dette climatique des pays développés et émergents pour avoir causé plus de 90% des émissions historiques de gaz à effet de serre à l’origine de la crise climatique. Pour faire face aux urgences des peuples et des pays en développement, nous exigeons un véritable Fonds Vert avec la participation de la société civile, avec un minimum de cinq cent milliards de dollars, ce qui représente moins d’un tiers des dépenses du budget de défense des principales puissances de la planète.
  • Arrêtez la criminalisation et le meurtre de líders autochtones et des défenseurs de la nature. Renforcer les mécanismes culturels des peuples pour arrêter la violence à leur encontre. Action urgente des instances de droits de l’homme de l’ONU pour que les Etats sanctionnent l’impunité et arrêtent la criminalisation. Promouvoir l’implantation de l’accord d’Escazú qui entre en vigueur le 22 avril de cette année et sa ratification par tous les pays de la région.
  • Promouvoir des solutions structurelles qui conduisent intégralement à un changement du système pour préserver le climat, au-delà du capitalisme, de l’extractivisme, du productivisme, du patriarcat, de l’anthropocentrisme, du racisme et du colonialisme.

4. Promouvons l’autonomie gouvernementale des territoires et la gouvernance inclusive

  • Renforcer l’autonomie et l’autogouvernance territoriale des peuples autochtones et amazoniens en général, en tant que formes légitimes d’autorité publique sociale collective, ainsi que leur reconnaissance juridique et leur soutien budgétaire par les États amazoniens.
  • Application de la consultation pour le consentement éclairé libre et préalable des peuples autochtones dans:
    • tous les plans sur l’Amazonie qui sont élaborés au niveau national et international pour éviter les décisions unilatérales et erronées qui sont adoptées dans des bureaux loin de la réalité et qui réduisent l’Amazonie à l’état de puits de carbone.
    • tous les projets, crédits et investissements qui affectent l’Amazonie. Les peuples amazoniens nous ne sommes ni des bénéficiaires ni des exécutants, nous sommes ceux qui ont conservé l’Amazonie pendant des siècles. Notre voix et nos connaissances doivent guider les politiques publiques et la science dans leur protection, et non l’inverse.

Démocratiser l’accès direct aux fonds nationaux et internationaux par les gouvernements autonomes des territoires autochtones pour une utilisation appropriée, opportune et efficace afin d’assister aux différentes pandémies qui affligent l’Amazonie.

Renforcer les organes juridictionnels nationaux, régionaux et locaux pour défendre les droits des autochtones et de la nature afin qu’il y ait une justice rapide et efficace.

Promouvoir l’adoption de cadres réglementaires garantissant l’intangibilité des territoires des peuples non contactés en tant que couloirs de vie dans les pays du bassin amazonien.

Promouvoir la durabilité de la vie en tant qu’engagement politique visant à construire un nouveau modèle juste et équitable où les personnes et la nature sont au centre de leur priorité dans une relation interdépendante et équilibrée et les femmes vivent libres de toute discrimination et violence.

Sanctionner les gouvernements qui comme Bolsonaro promeuvent ouvertement la destruction de l’Amazonie. Exigez des enquêtes du système international pour juger les coupables du génocide des peuples amazoniens.

Mettre en place des mécanismes intergouvernementaux avec la participation décisionnelle des peuples autochtones et locaux qui permettent des solutions intégrales à l’Amazonie qui est aujourd’hui fracturée par les divisions politiques des frontières.

5. Promouvons la mobilisation de la planète pour sauver l’Amazonie

Construisons des Assemblées de Défense de l’Amazonie dans tous les pays, villes et communautés de la planète pour nous informer sur ce qui se passe en Amazonie, faire des propositions et définir les actions que nous pouvons prendre dans notre ville pour arrêter l’escalade des pandémies qui menaçent le cœur de la planète.

Réalisons des démonstrations et autres manifestations créatives dans nos écoles, centres de travail et municipalités pour faire connaître les revendications soulevées dans ce Plan de Vie et faire en sorte que le cri de l’Amazonie soit entendu par toutes les personnes, autorités et décideurs de nos pays.

Organisons des cercles culturels pour renforcer la mobilisation en faveur de la défense de l’Amazonie à travers l’Éducation Populaire, la communauté et les mouvements sociaux.

Mobilisons-nous contre les incendies dans tous nos pays pour éviter que l’Amazonie ne subisse un nouvel incendie cette année en raison des incendies incontrôlés causés par le bétail et l’agro-industrie.

Faisons de la défense de l’Amazonie l’un des axes majeurs de la lutte contre la crise climatique.

Discutons de la possibilité d’avoir une grande réunion mixte de défense de l’Amazonie en vue de la COP 26 qui aura lieu vers la fin de l’année à Glasgow.

Amazonisons-nous! Soyons l’Amazonie, retrouvons nos racines avec notre Mère Terre et écoutons l’appel de la jungle.

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